Le blog qui parle d’encens

L’encens et la myrrhe

May 29th, 2008 Posted in histoire de l'encens | No Comments »

La myrrhe et l’encens sont des sécrétions résineuses qui se présentent sous forme de larmes colorées, provenant d’arbustes de la famille des Burséracées qui poussent presque exclusivement au sud de la péninsule Arabique (Yémen, Oman) et en Somalie.

Le mot encens vient du latin ecclésiastique incensum (ce qui est brûlé) et désigne soit l’oliban, ou encens véritable, récolté par incision à partir d’arbustes du genre Boswellia, soit une famille de compositions dans lesquelles entre l’oliban. L’odeur de l’encens est obtenue par la technique très ancienne de la combustion, probablement née avec l’invention du feu, qui a donné le mot parfum à partir de per fumum, par la fumée. On connaît le poème de Baudelaire qui parle de parfums “corrompus, riches et triomphants, ayant l’expansion des choses infinies, comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens”.

La myrrhe est produite par un arbuste Commiphora myrrha, sous forme d’un suc qui se solidifie en grosses larmes qui rougissent en séchant. Selon la légende, la myrrhe tire son nom de Myrrha, fille de Cinyras, roi de Chypre, changée en arbre par les dieux pour avoir commis un inceste, et dont les pleurs constituaient la myrrhe. En Egypte, la myrrhe servait à la momification, mais était aussi utilisée comme parfum, comme le montre cet extrait des Chants d’amour composés vers 1500 av JC qui donne des recommandations pour la fête : “Mets de la myrrhe sur ton front, revêts toi de lin blanc, parfume toi avec les merveilles véritables”.

L’encens et les dieux

Dès la plus haute antiquité, l’encens a été considéré comme indispensable pour les cultes rendus aux dieux, dont le cœur est réjoui par son odeur. Hérodote dit que mille talents d’encens étaient offerts chaque année en l’honneur de Bel dans son temple à Babylone. En égyptien, le mot encens évoque le divin. Les pharaons, ou par délégation les prêtres, accomplissaient la fumigation de l’encens en jetant des boulettes dans l’extrémité, remplie de charbon en combustion, d’un bras à encens. Les prêtres offraient chaque jour à Ré trois sortes d’encens, une à son lever, une au milieu du jour et une à son coucher.

L’encens figure en bonne place chez les Hébreux et la Bible indique les ingrédients nécessaires pour rendre le culte : “L’Eternel dit à Moïse : prends des aromates, du stacté, de l’ongle odorant et du galbanum, et de l’encens pur, en parties égales. Tu feras avec cela un parfum, un composé selon l’art du parfumeur ; il sera salé, pur et saint…..Vous ne ferez point pour vous de parfum semblable, dans les mêmes proportions…” (Exode, XXX, 7-8).
Plus tard, les rabbins ajoutèrent d’autres ingrédients (onze ou treize en tout), mais préparer l’encens pour qu’il s’élève en une colonne bien droite était très difficile et c’était le secret de la famille d’Abtinos. L’encens et la myrrhe figurent dans les présents faits par les Mages à l’enfant Jésus.
L’encens est encore utilisé pour le culte dans plusieurs grandes religions. Montaigne (Essais,1, 55) remarque que “l’invention des encens et parfums aux Eglises, si ancienne et espandue en toutes nations et religions, regarde à cela de nous resjouir, esveiller et purifier le sens pour nous rendre plus propres à la contemplation”.

La route de l’encens et de la myrrhe

L’arbre à encens ne poussant pas en Egypte, il était nécessaire pour s’en procurer de grandes quantités d’organiser des expéditions, dont la première est attestée vers 2540 av. J.C. La plus célèbre est l’expédition au pays de Pount (qui serait actuellement la Somalie, le nord de l’Ethiopie et l’est du Soudan), commandée par la reine Hatchepsout, vers 1500 av. J.C. On en rapporta des quantités énormes d’encens, de la myrrhe et de la cannelle, ainsi que 31 arbres à encens avec leur motte. On peut voir une représentation de cette expédition sur le mur du temple de Deir el Bahari (Égypte).

L’encens a toujours été considéré comme un bien très précieux et la lutte pour le contrôle de son transport et de son commerce a été très vive. La domestication du dromadaire, peut-être vers le VIIIe siècle av. J.C., a permis d’assurer le transport de l’encens et de la myrrhe, sur près de 3000 km, jusqu’au port de Gaza. Une route caravanière a été empruntée depuis cette époque jusqu’à l’avènement de l’Islam, mais elle fut concurrencée par une voie commerciale passant par la mer Rouge, après la découverte du régime des moussons au 1er siècle ap. J.C. Des caravanes de chameaux, dont chacun pouvait porter 200 kg d’encens, d’une valeur actuelle d’environ 100 000 euros, traversaient en deux à trois mois (selon Pline l’Ancien) l’Arabie, depuis la côte Sud en longeant la côte occidentale, en passant au voisinage de la Mecque et de Médine puis de Pétra, la ville des Nabatéens, qui devait sa fortune au commerce de l’encens.

Les Arabes protégeaient le secret des sources d’un produit qui se vendait plus cher que l’or et n’ont pas hésité, semble-t-il, à raconter des histoires étranges à Hérodote qui les rapporte fidèlement (Histoires, Livre II, chapitre CVII) : “L’Arabie est, du côté du midi, le dernier pays habité, et de tous, c’est le seul qui produise l’encens, la myrrhe, la cannelle, le cinnamome, le ledanon ; sauf la myrrhe, les Arabes recueillent difficilement toutes ces choses. Ils obtiennent l’encens au moyen de la vapeur de styrax que leur apportent les Grecs et les Phéniciens. Ils brûlent le styrax et prennent l’encens, car l’arbre qui le porte est gardé par des serpents volants petits et bigarrés ; il y en a une multitude autour de chaque arbre. Ce sont les mêmes serpents qui font irruption en Égypte ; rien ne peut les éloigner des arbres si ce n’est la vapeur du styrax.”

L’encens et les hommes

Le Japon ancien (vers le Xe siècle) tenait en grande estime l’encens qui servait à parfumer les habits et même les cheveux des courtisanes. Lors de tournois d’odeur ou kô-dô, codifiés au XVe siècle, les invités devaient reconnaître les variétés d’encens (par exemple des compositions de cinq composants) qui leur étaient présentées, écrire leur réponse à l’aide de caractères spéciaux et composer un poème.

En Chine on utilisait six mélanges différents de benjoin, de myrrhe et d’oliban, constituant six espèces d’encens nommées “tranquille, reclus, luxueux, esthétique, raffiné et noble”.
Confucius dit d’un gouvernement idéal “qu’il doit exhaler une odeur d’encens”. L’importance de l’encens est aussi reflétée par le nom de
Hong Kong qui se dit en chinois Xiang Giang et signifie port de l’encens.

Maurice Chastrette
Professeur émérite à l’Université de Lyon
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doschim/decouv/parfums/myr_enc.htm

Storax, les détails

December 19th, 2007 Posted in encens et botanique, témoignages | No Comments »

Pourquoi vous parler de cet encens?

Pour moi, c’est un coup de coeur.
Je l’ai commandé à mon fournisseur, sans savoir ni à quoi il ressemblait, ni sa couleur et senteur..je me suis fiée à mon feeling..
Ce fut, et cela reste une belle surprise.
Cet encens est assez spécial. C’est une résine, noire, au grain collant, très fin, à l’odeur de vanille,  floral.
Il est chaud, doux, reposant.
J’aime l’utiliser dans un diffuseur. Pour mieux préserver sa senteur : je le met dans la coupelle, avec un peu d’eau, et j’allume la bougie. L’odeur se diffuse, tout en tendresse.
Mais qu’est ce que ce storax?
J’ai fait quelques recherches. J’avais envie de vous en faire part. Elles ne sont certainement pas exhaustives !
Il provient donc du styrax officinal ou aliboufier.
Cet arbre pousse principalement dans la bassin méditerranéen, ainsi que dans le Sud de l’Asie, et l’Europe.
C’est en faisant des incisions dans le tronc de l’arbre que l’on obtient une pâte blanche liquide qui s’épaissit au contact de l’air.
Pline, dans son Histoire Naturelle, indique que cet arbuste pousse en Syrie. Là-bas, dit-il, on s’en sert comme parfum et pour mettre les serpents en fuite. On l’emploie aussi dans la médecine antique contre la toux, les affections de gorge et de poitrine, ainsi que les écrouelles (inflammation de ganglions lymphatiques présents dans le cerveau); il favorise la menstruation et la digestion. Enfin, comme nombre de plantes chez Pline, il entrait dans la composition d’antidotes contre les poisons, en particulier la ciguë. Nous utilisons aujourd’hui un baume à base de styrax, qui a des propriétés cicatrisantes et antiseptiques. Sa résine est utilisée pour la fabrication du papier d’Arménie (depuis 1855). (Récupérée de http://fr.wikipedia.org/wiki/Aliboufier »).
En Inde, ce parfum est sacré, il reste dédié à brahma-shiva-Vishnu; En Malaisie, il est utilisé lors des cérémonies pour éloigner les diables durant la récoltes du riz.
Il était utilisé dans les monastères pour inciter à la méditation.
Chez nous, il est utilisé en parfumerie, surtout comme fixateur. Son odeur apporte une odeur vanillée, sucrée et balsamique, que l’on retrouve dans certains parfums tels que “cuir de Russie ” de Chanel, “Shalimar” de guerlain.
Selon la tradition, c’est un aromate de l’ascèse, de l’engagement à un idéal. Il favorise le sens des responsabilités, la constance, la fidélité. Protège contre les énergies négatives, aide à sublimer les pulsions vitales.
Voilà donc un peu de son histoire. il me reste quand même une question en suspens : si, lorsque la résine coule, elle est de couleur blanche, pourquoi le storax est t il noir
Qui veut me répondre??

Des précisions sur les encens tibétains

December 19th, 2007 Posted in encens pratique | No Comments »

ici, vous allez découvrir quelques secrets de fabrications des encens tibétains.
bon voyage !
Fabriqués par des réfugiés tibétains, les encens sont porteurs de la force de l’Himalaya et de la conscience éclairée de ses sages. Leur fabrication est souvent un apport financier important pour les monastères qui les fabriquent.
Plusieurs dizaines de plantes entrent dans la composition des encens. Certaines sont connues pour leurs propriétés sur le plan spirituel comme le santal blanc et rouge, le bois d’agar, d’autres sont typiquement tibétaines comme le lotus bleu de l’Himalaya, ou des plantes comme Aquilaria, Asafoetida, différentes espèces de fleurs (Rhododendron chrysantemum), aiguilles de genévrier…
Ces encens tibétains sont fabriqués selon les méthodes traditionnelles de l’ayurveda à Katmandou au Népal. La fabrication dure d’octobre à février, en dehors de la période de mousson et des chaleurs estivales. La fabrication des encens est artisanale et suit un procédé simple et non polluant :
• Une fois par an, les herbes sont achetées (au Tibet, elles étaient ramassées par les moines),
• elles sont très finement broyées, mixées et stockées,
• une quantité de ce mélange est prélevée et mélangée manuellement à de l’eau,
• la pâte est longuement pressée et travaillée,
• lorsqu’elle atteint la consistance de l’argile, elle est mise au repos au moins deux semaines afin que les parfums s’imprègnent,
• à l’aide d’une presse manuelle, la pâte est ensuite pressée en forme d’un long ruban, • ce ruban est étiré en lignes régulières et serrées sur une planche en bois,
• les lignes sont coupées à la taille désirée,
• elles sont mises à sécher plusieurs jours,
• l’encens sec est emballé et prêt à la vente.

Utilisation :

Les différentes senteurs étaient destinées à l’origine à promouvoir le bien-être mental de l’individu pendant les cérémonies religieuses. De nos jours beaucoup de personnes apprécient l’usage de ces encens à la maison.
De la composition des encens dépend leur usage : encens utilisés pour la méditation et les offrandes rituelles, ou comme plantes médicinales pour apaiser, relaxer, harmoniser, soulager les tensions et désordres énergétiques. Les tensions, stress et traumatismes sont analysés par la médecine tibétaine comme un déséquilibre des différents souffles (Ch’i en chinois, r’Lung en tibétain, Vata dans la tradition ayurvédique).
Pour la médecine traditionnelle tibétaine, la circulation des énergies détermine un bon état de santé. Une circulation perturbée engendre les maladies, les idées de maladie ou les états dépressifs. Un déséquilibre du rLung (souffle) entraînerait chez certaines personnes de la tension intellectuelle, de l’insomnie, mal au dos ou à la poitrine, muscles douloureux.
Tous les médicaments tibétains sont destinés à rééquilibrer les énergies. Les encens par leur nature aérienne et subtile, sont plus appropriés pour les déséquilibres du rLung ou souffle. Cette énergie dirige tout ce qui touche la peau, les nerfs, les poumons, le sang et les maladies qui leur sont liées.
On peut également utiliser ces encens pour préparer des huiles de massage. Il suffit de les réduire en poudre et de les mélanger avec une huile ou une crème de massage.

Les bâtonnets d’encens tibétains sont trop gros pour être insérés dans les portes encens classiques. Pour les brûler, on peut les planter dans un bol rempli de sable ou de sel.

j’espere que ces quelques mots vous auront donnés envie de les découvrir.

Cet encens sent l’argent

October 16th, 2007 Posted in photos, témoignages | No Comments »

Pour les day traders et les amoureux de l’argent qui pourraient se sentir un peu frustrés, voici, trouvé à Chinatown dans un $1 store, l’encens qui a … l’odeur de l’argent !

Trouvé sur le blog :
New York, la dolce vita

Petits conseils à propos de l’encens - achat et usages

October 16th, 2007 Posted in encens pratique, témoignages | No Comments »

Publiées 29-Mar-07 18:08:29 Paris

Petits conseils à propos de l’encens : comment l’acheter et comment l’utiliser.

Achat :
- Evitez d’acheter des bâtonnets ou des cônes de provenance non identifiée.
- Ne pas acheter de produits pas chers fabriqués en Chine qui sont faits avec des produits chimiques.
- Evitez d’acheter les poudres à la composition incertaine.
- N’achetez pas d’encens naturels appelés “encens” sans aucune autre précision.

- Préférez des encens naturels non manufacturés comme les résines en grains.
- Je vous conseille d’essayer la myrrhe (de Somalie ou d’Inde), le benjoin (plusieurs qualités de différentes provenances), l’oliban (plusieurs qualités de différentes provenances), le mastic de Grèce (très cher).
- Vous pouvez utiliser certaines épices comme encens. C’était d’usage courant pendant l’Antiquité. Par exemple : le cardamome, le clou de girofle, la cannelle, de nombreux herbes aromatiques comme le thym, le romarin, etc.
- Certains encens peuvent être consommés, comme le mastic (très bon). D’autres sont toxiques ou bien seulement très mauvais au goût comme la myrrhe. Beaucoup ont des applications thérapeutiques (la myrrhe et le benjoin), ainsi que dans la parfumerie de luxe. A tenir hors d’atteinte des enfants ou des animaux domestiques.

Combustion :
- Les nombreux systèmes utilisant des bougies ne donnent pas assez de chaleur pour brûler l’encens correctement.
- Le charbon en pastille reste encore la meilleure solution pour cela. Néanmoins, il est potentiellement dangeureux. Il doit être posé dans un petit récipient (terre, céramique, métal ou pierre). Sous le récipient, mettez quelque chose isole de la chaleur comme une petite boîte de cigarillos ou un morceau de marbre. Le tout doit être placé sur un meuble assez haut, hors d’atteinte des enfants ou des animaux domestiques. Certaines pastilles de charbon sont de mauvaise qualité et éclatent en morceaux… Ne pas laisser sans surveillance.
- L’encens peut être placé aussi dans un petit feu de cheminée, à condition qu’il n’y ait plus aucune flamme, seulement des braises. Sinon, certains encens comme le benjoin, risquent de s’enflammer au lieu d’être consummés, ce qui donne une fumée très peu agréable.
- Les encens en bâtonnets et en cônes doivent être placés aussi dans des récipients non combustiques. Donc, pas de boîte ou de support en bois, ou bien instable, comme on en voit beaucoup.

© Michel Kisinis
http://www.kisinis.ch

Puis sont apparues des formes plus pratiques…

October 11th, 2007 Posted in encens pratique, histoire de l'encens | No Comments »

Les Asiatiques et les Orientaux sont des gens fort inventifs et pratiques. Ils ont donc recherché depuis des siècles les moyens d’utiliser l’encens avec moins de contraintes… surtout lorsqu’il s’agit d’une utilisation quotidienne et commune ne nécessitant pas une implication trop personnelle ou trop officielle.

Ayurvedic medicinalIls continuent donc à utiliser l’encens naturel en grains, ou larmes, lors des grandes cérémonies mais préfèrent le plus souvent, pour plus de commodité, l’usage de baguettes, de spirales, de clous fumants. Il s’agit souvent par ailleurs d’une mesure économique bien compréhensible : on veut bien honorer journellement les Dieux, les Ancêtres, les temples, les sanctuaires mais on ne peut y consacrer toute sa fortune. Il est donc naturel de chercher et de trouver le moyen le plus efficace de restreindre le coût de production et surtout d’utilisation de l’encens.
La résine d’encens (oliban, benjoin, myrrhe…) est broyée finement puis mélangée à un support combustible constitué de diverses matières : inflorescences séchées d’armoise, utilisées depuis des millénaires en acupuncture pour pratiquer la moxibustion, sciure de bois, charbon de bois pilé, papier roulé, mélangées à du nitrate de potasse pour entretenir et faciliter la combustion lente du mélange. Ce support étant plus ou moins poreux il est possible d’y adjoindre des essences parfumées ou des parfums de synthèse. Afin de maintenir la cohésion de l’ensemble lorsqu’il s’agit de baguettes ou de spirales on utilise des tiges végétales de bambou ou d’achillée. Leurs formes et leurs tailles peuvent varier considérablement puisqu’ils peuvent consister en d’énormes serpentins pesant jusqu’à près d’un quintal et utilisés dans de nombreux temples en Chine, jusqu’à de fragiles baguettes de quelques millimètres d’épaisseur comme savent en produire les Japonais.

Les occidentaux, de leur coté, utilisent volontiers une forme très pratique d’encens qui consiste en de fines feuilles de papier connues sous la dénomination de papier d’Arménie. Cet encens particulier est, par ailleurs, de bien meilleure qualité que bon nombre de baguettes à bon marché et permet une utilisation très facile et pratique puisqu’on peut en avoir toujours sur soi ou dans son portefeuille. Il est indispensable pour tous ceux qui se déplacent souvent et souhaitent purifier les lieux qu’ils occupent temporairement comme les chambres d’hôtel ou les chambres d’amis qui ne sont pas toujours souvent aérées. Ce papier d’Arménie est particulièrement indispensable dans les pièces aérées par climatisation et dont un ne peut ouvrir les fenêtres. Il est également utile pour les voitures de location. En un mot comme en cent il permet d’évacuer le souvenir énergétique et souvent olfactif du précédent utilisateur.

par Georges Charles
Tao Yin : le site officiel des arts classiques du Tao

Le bois de cade

October 11th, 2007 Posted in encens et botanique | No Comments »

bois de cadeEn provence, depuis toujours, on fait brûler du bois de cade. C’est un bois emblématique de cette région. Le cade est le nom provençal de juniperus oxycedrus, le genévrier oxycèdre, aussi appelé cèdre piquant ou grand genèvre. Ce genévrier oxycèdre est largement répandu dans toutes les contrées méridionales de l’Europe, du nord de l’Afrique sur les collines où il s’accomode des terrains les plus secs et les plus rocailleux.  Certains  pensent qu’il s’agit , dans la Bible, de la “bruyère du désert”.
Les baies de cade étaient employées au 19° siècle. Le Larousse de 1865 décrit ainsi leurs propriétés : “Stomachique, carminatif, incisif et diurétique”.

En fumigation, le cade est reconnu pour son action antiseptique.  Le cade est aussi connu pour son efficacité contre les insectes.
Ce sont essentiellement les souches, parfois les troncs et les grosses branches qui sont utilisés, les spécimens les plus riches étant ceux qui poussent dans les terrains secs et rocailleux.

Des mélanges subtils de résines aromatiques et autres substances végétales

October 4th, 2007 Posted in encens et botanique | No Comments »

Originellement l’encens est la sève produite par un petit arbre de la famille des térébinthacées (Burséacées), le Boswelia sacra. Par extension cette dénomination d’encens s’étend à d’autres résines pures comme l’oliban (Boswelia thurifera), la myrrhe (comiphora molmol et Commiphora abyssinica), le benjoin (regroupant lui-même plusieurs résines comme le benjoin du Siam (Styrax benzoin), le benjoin de Sumatra (Styrax oppoponax), le benjoin du Vietnam (Styrax Tonkinensis)… et également à la résine de Balsamodendron opolbasamum et gileadense ainsi qu’à la résine de Commyphoro opobaslanu connues autrefois en parfumerie sous la dénomination de Baume de la Mecque, Baume de Judée ou Baume de Giléad.

Baume de ToluDe tous temps l’encens désignait donc principalement une résine aromatique dont le parfum s’exhalait lors de sa lente combustion sur des charbons ardents ou, éventuellement, sur une pierre chauffée jusqu’à incandescence. L’art du parfumeur et sa connaissance des différentes résines lui permettent, grâce à une infinité de mélanges subtils, de doser cet encens en fonction de son utilisation ou de sa destination.
Ainsi le benjoin passe pour “fixer l’esprit” et accroître la concentration intellectuelle, la myrrhe, au contraire est plus sensuelle tandis que l’oliban, réputé pour son caractère mystique est utilisé pour les cérémonies à caractère sacré.
Suivant Jean Pierre Bousquet la myrrhe est l’encens qui favorise principalement l’éveil des énergies Yin, de polarité féminine. Elle agit sur les structures psychiques et permet de développer une plus grande sensibilité aux réalités du monde extérieur et à mieux en ressentir les énergies qui en émanent. Elle permet de combattre la confusion entre la réalité et l’illusion et aide à développer la force intérieure. Elle est également utilisée par la tendance qui consiste à se laisser porter par les événements.
L’oliban, au contraire, est l’encens qui favorise l’éveil des énergies Yang, de polarité masculine. Il agit sur les structures psychiques de manière à développer la volonté, la confiance en soi, la détermination et la capacité à diriger.

En Chine, on distingue encore six sortes de mélange d’encens : le tranquille, le reclus, le luxueux, l’esthétique, le raffiné, le noble. Il est donc possible de concevoir un mélange propice à la méditation, un autre favorable au travail intellectuel, ou susceptible de purifier un lieu, ou permettant le sommeil ou au contraire la veille, propice aux cérémonies religieuses ou civiles, à la consécration d’un rite ou même d’éveiller le désir. Tout est simplement fonction du choix des essences et du dosage. Il est aussi possible d’ajouter, ce qui se fait presque toujours désormais, des substances aromatiques, des essences, des extraits qui soulignent ou accroissent les particularités de chaque mélange.

par Georges Charles
Tao Yin : le site officiel des arts classiques du Tao

L’encens, médium des civilisations

October 4th, 2007 Posted in encens et spiritualité | 1 Comment »

A Hong Kong comme ailleurs en Chine, le quinzième jour de la quinzième lune il convient de brûler rituellement de l’encens dans les temples fussent-ils bouddhistes, taoïstes ou confucianistes en l’honneur des Esprits du Ciel tandis que le trentième jour de la septième lune on brûlera cet encens en faveur des Esprits de la Terre.
En fait, pour satisfaire ces Esprits subtils, donc les trente six mille divinités du Panthéon chinois il faut brûler de l’encens tous les jours chez soi et au moins une fois par an au temple.
Cette “bonne fâme” de l’encens n’est évidemment pas unique à la Chine puisque tout l’orient le considère comme la plus belle offrande que l’on puisse faire à Dieu et ceci quel que soit Son Nom. Même ceux qui, par intégrisme, se méfient des parfums comme étant une invention du diable ou, pire encore, de la femme et en déconseillent l’usage aux adeptes de la foi ne peuvent, pourtant, que s’incliner devant l’encens. “Le parfum enivre et captive mais l’encens purifie, sanctifie et libère” dit-on volontiers chez les Coptes d’Egypte. L’encens est le cadeau le plus précieux fait par le Mage Gaspar à l’enfant Jésus tandis que Melchior et Balthasar lui offrent de la myrrhe et de l’aloès, toujours utilisées pour des fumigations rituelles. Or, dans le cantique des cantiques, les seins de la bien aimée sont appelés l”un “Colline de l’Encens” et l’autre “Montagne de la Myrrhe”. On retrouve ainsi l’ancien caractère chinois utilisant des gouttes de lait, symbole de la maternité… donc de la création. L’Evangile donne ainsi, explicitement, une recette de fumigation conforme à la tradition universelle… Depuis deux millénaires l’Eglise catholique utilise cette formule lors de certains cultes à caractère exceptionnel.

par Georges Charles
Tao Yin : le site officiel des arts classiques du Tao

En Chine, parfum et encens sont désignés par le même caractère : xiang

October 4th, 2007 Posted in encens en Asie, témoignages | No Comments »

L’importance de cette substance aromatique, que l’on brûle rituellement depuis des millénaires dans le but de purifier un lieu consacré ou une pièce, est telle que ce caractère représente encore une des clés, ou racines, essentielles de l’écriture chinoise (racine ou radical 186 du Kangxi ou Kang Hsi) classique. Sous sa forme très ancien ne ce caractère représentait une bouche, donc la capacité de s’exprimer, de communiquer surmontée d’une plante, ou d’un petit arbre, produisant une multitude de gouttelettes de lait. Xiang en chinois ancien représente donc “la sève qui permet la communication”.
Ce même caractère désigne également le parfum de la vertu, la bonne renommée, le bon exemple… et dans une certaine mesure la “bonne fâme”. Un lieu dans lequel brûle de l’encens ne peut donc pas tout à fait être “mal famé”. Par extension cela représente aussi ce qui s’attache au culte, aux temples, aux monastères et désigne, finalement l’épithète bouddhique. C’est dire la bonne réputation de l’encens en Chine et, par contrecoup, dans tout l’Extrême-Orient et jusqu’au Moyen Orient. Xiang est l’un des qualificatifs les plus élogieux que l’on puisse employer… puisqu’il évoque tout simplement la “bonne odeur de sainteté”.Que ce soit dans la littérature classique ou dans la poésie il permet donc au propre et au figuré d’encenser le sujet. Ainsi le Maître Kong (Kongzi, Kongfuzi ou Confucius… ) en parlant d’un gouvernement idéal, affirme “qu’il doit exhaler une odeur d’encens”. Xian YenBeauté d’Encens” désigne, dans le Livre des Odes, la bien-aimée lointaine à laquelle rêve l’officier en campagne. Cela représente à la fois un souvenir et une sensation presque physique de présence parfumée. L’ancien joyau de la couronne britannique, Hong Kong se dit et s’écrit, en réalité Xian Gang… le “Port de l’Encens”. Ce lieu était donc, malgré son aridité, considéré comme des plus favorables par les praticiens du Feng Shui qui ne se sont pas trompés. Il suffit cependant d’emprunter le ferry joignant Kowloon, les “Neuf Dragons” à Hong Kong, donc à Victoria, un soir d’été pour comprendre qu’il s’agit d’une simple métaphore ou, comme disent nos amis anglais, un understatment ! Pourtant lorsque l’on sait que Xiang se traduit aussi par estimé, bien coté, rentable, apprécié, favorable aux bonnes affaires”, Xiang Gang exhale beaucoup plus volontiers l’odeur du “Gang Zhi”, le dollar local.

par Georges Charles
Tao Yin : le site officiel des arts classiques du Tao

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